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27 November 2007
Lancement africain du Rapport mondial sur le développement

Ce sont les régions qui produisent le moins de carbone qui subiront de plein fouet l’impact des émissions de CO2, avertit le Rapport mondial sur le développement humain 2007/2008 publié aujourd’hui par le PNUD. L’Afrique est l’une des régions du monde les plus exposées aux changements climatiques, qui sont en train de paralyser les efforts entrepris pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement d’ici 2015.

Lors du lancement régional africain de La lutte contre le changement climatique : un impératif de solidarité humaine dans un monde divisé, Umaru Musa Yar’Adua, Président du Nigéria, a exhorté les dirigeants du monde à donner la priorité absolue à la lutte contre les changements climatiques afin d’éviter une catastrophe climatique mondiale.

Ce sont les pays qui contribuent de manière substantielle aux émissions mondiales de gaz à effet de serre qui souffriront le moins des effets négatifs des chocs climatiques, a affirmé le Président Yar’Adua. Il a expliqué que les agissements des nations riches pénalisent lourdement les pays en développement et a demandé aux pays industrialisés de réduire leurs émissions de façon draconienne, voire d’aller au-delà des recommandations du rapport.

« Même si le rapport prône une réduction de 30 % d’ici 2020 et de 80 % d’ici 2050 pour les pays avancés, je pense que cette réduction de 30 % devrait être atteinte avant 2015 si l’on souhaite réellement que l’Afrique atteigne les OMD. »

Le Président Yar’Adua a ajouté qu’en tant que pays accueillant le lancement régional du rapport, le Nigéria allait prendre un rôle de leader dans le domaine du changement climatique en Afrique et que son gouvernement ne tolérerait plus la combustion en torchère dans le delta du Niger après 2008.

Le Président Yar’Adua a exhorté les États africains à agir dès maintenant pour lutter contre les effets du changement climatique dans la région, notamment la variabilité des régimes de précipitations, les inondations et les sécheresses prolongées et récurrentes qui créent cumulativement un cycle de vulnérabilité et de dénuement qui se prolonge plusieurs générations durant.

En présentant le rapport dans ses grandes lignes, Gilbert Houngbo, Directeur régional du PNUD pour l’Afrique, a affirmé que si rien n’était fait, les changements climatiques en Afrique subsaharienne risquaient d’annuler les progrès accomplis en matière de santé, d’éducation et de réduction de la pauvreté.

« Pour l’Afrique, cela représente un double défi : elle doit assurer sa sécurité énergétique et son accès à l’énergie en trouvant les moyens d’attirer suffisamment d’investissements directs pour répondre à la demande grandissante d’énergie tout en dirigeant ces investissements vers des technologies plus sobres en carbone », a-t-il expliqué.

Le défi le plus sérieux pour le développement au XXIème siècle

Le Rapport mondial sur le développement humain est la publication phare du PNUD. Commandé annuellement, il présente certains des défis parmi les plus urgents auxquels est confrontée l’humanité.

S’appuyant sur le Rapport de synthèse du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), il propose une plate-forme pour les négociations sur les changements climatiques qui se tiendront à Bali (Indonésie) au mois de décembre et insiste sur le fait qu’il ne reste qu’une étroite fenêtre de dix ans pour la mettre en pratique.

L’Afrique aura besoin du soutien des pays riches pour s’adapter et empêcher un retour en arrière après la récente diminution du taux d’individus vivant dans une pauvreté extrême, avertissent les auteurs du rapport. Les pays en développement doivent intégrer les données climatiques dans leurs stratégies de réduction de la pauvreté. Les États africains devront étendre le réseau de surveillance météorologique du continent, afin que les agriculteurs puissent avoir accès à de meilleures informations sur les régimes climatiques dans la région.

Les auteurs recommandent également la mise en place de réservoirs et d’installations de « récolte d’eau » dans les pays qui connaissent de fortes précipitations annuelles concentrées sur quelques semaines seulement, ainsi que l’amélioration de programmes nationaux d’assurance sociale pour protéger les agriculteurs et les citadins pauvres des pires effets des catastrophes liées au climat.

La lutte contre le changement climatique fait remarquer que si les pauvres de la planète menaient chacun le train de vie à haute consommation d’énergie d’un Américain ou d’un Canadien, nous aurions besoin de neuf planètes pour absorber la pollution que cela générerait. Ainsi, avec ses 23 millions d’habitants, l’Etat du Texas, aux Etats-Unis, émet plus de CO2 que les 720 millions de personnes vivant en Afrique subsaharienne.

« L’une des plus rudes leçons qu’enseigne le changement climatique est que le modèle économique de la croissance et la consommation effrénée des nations riches sont écologiquement insoutenables », conclut le rapport. Cependant, estiment les auteurs, « si l’on procède aux réformes nécessaires, il n’est pas trop tard pour ramener les émissions de gaz à effet de serre à des niveaux tolérables, sans pour autant sacrifier la croissance économique : la prospérité croissante et la sécurité climatique ne sont pas des objectifs contradictoires. »