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Contacts
Pour plus d'information, contacter Fabrice Ferrier, ferrier@coordinationsud.org Coordination SUD et la Division de la Société civile du PNUD pb.cso@undp.org 

27 September 2007
Un centre de ressources pour les "plateformes" d'ONG

Un "centre de ressources" en ligne pour les coalitions d’ONG nationales a été lancé le 27 Septembre 2007 à New York par une alliance de "plates-formes" d’Afrique, d’Amérique Latine, d’Europe et d’Asie dans le but de renforcer les voix du Sud sur les scènes politiques régionale et internationale tout en promouvant l’idée d’une “diplomatie non-gouvernementale”.

Le portail internet rattaché au centre de ressources est le fruit d’un partenariat entre quatre plates-formes nationales : ABONG (Brésil), ACCION (Chili), CONGAD (Sénégal), VANI (India), et Coordination Sud (France). Il représente 50 plates-formes nationales d’ONG, sélectionnées en fonction de critères tels que gouvernance démocratique, transparence, et éthique. Ce centre de ressources a pour but d’informer, en diffusant les déclarations de position des ONG représentées, de mettre en lumière l’expérience et la compréhension de la société civile, et de contribuer à faire avancer l’action des Nations Unies en proposant des objectifs communs et une coopération aux niveaux régional et mondial.

Henri Rouillé d’Orfeuil, Président de Coordination SUD ( Solidarité, Urgence et Développement) a souligné lors du lancement du CRI que la diplomatie ne pouvait plus être considérée comme la prérogative des Etats ou des corps diplomatiques, étant donnée l’impact qu’ont eu ces dernières années les acteurs non gouvernementaux sur le traitement de questions comme l’environnement, le développement durable, le commerce, la dette, l’AOD (Assistance Officielle au Développement), la mondialisation, et leur influence sur les problématiques émergentes telles que le changement climatique, les migrations, et l’harmonisation de l’aide. L’un des objectifs primordiaux du Centre de Ressources est précisément d’ouvrir la voie à un débat international plus démocratique. “Les questions mondiales ne sont pas réservées aux acteurs mondiaux, ce sont des questions qui concernent tous les citoyens du monde. Il faut donc trouver le moyen d’embarquer tout le monde vers les lieux où ces questions sont débattues et négociées ».

L’un des aspects essentiels de la diplomatie non-gouvernementale est de permettre “aux voix des ONG du Sud de « s’exprimer et se faire entendre dans l’arène internationale », a souligné K.S. Gopal, membre du Voluntary Action Network of India (VANI). Les plates-formes nationales et les coalitions régionales que celles-ci bâtissent ensemble sont un des moyens de parvenir à un tel objectif. VANI est actuellement engagée dans le processus de construction d’un réseau en Asie, et a jusqu’à présent rassemblé cinq plates-formes nationales d’ONG.

Les plates-formes nationales représentent pour les ONG  africaines l’occasion unique de prendre la place qui leur revient dans le débat et les négociations internationales, a précisé Voré Seck, Présidente du Conseil des ONG d’Appui au Développement (CONGAD) au Sénégal.  Ces ONG « doivent pouvoir dire la réalité de leur travail et les conditions qui leur permettront de gagner la bataille contre la pauvreté et l’inégalité ». CONGAD a entrepris de créer un réseau régional pour l’Afrique sous le nom de REPAOC, réunissant huit plates-formes d’ONG nationales (du Bénin, du Burkina Faso, du Tchad, de Guinée, du Mali, du Niger et du Togo). En identifiant les plates-formes nationales, le centre de ressources peut aider à renforcer l’engagement des Nations Unies auprès de la société civile dans ces pays, a avancé Madame Seck. « Les plates-formes nationales pourraient être le moyen de montrer aux Nations Unies qui sont les acteurs de la société civile dans différents pays, et comment améliorer la coopération avec ces acteurs. »

Proposant un aperçu du site hébergeant le centre de ressources (www.ong-ngo.org), Fabrice Ferrier, coordinateur pour la coopération internationale au sein de Coordination Sud, l’a présenté comme un outil d’information pour les plates-formes internationales. “C’est également un outil de communication, qui leur permet d’analyser leurs positions respectives, et d’élaborer, si le besoin s’en fait sentir, des propositions communes.” Coordination SUD est intégrée, ainsi que 22 autres plates-formes, au réseau régional européen CONCORD.

A la fois facile d’accès et centralisé, le centre de ressources international (CRI) a un rôle déterminant à jouer dans l’évolution des pays concernés, car en effet “la démocratie commence par l’accès à l’information, et la coopération internationale, par le partage de l’information” selon Taciana Gouveia, de l’Association Brésilienne d’Organisations Non-Gouvernementales (ABONG). Dispositif de coordination, le centre de ressources est appelé à devenir “un instrument au service d’un grand mouvement international qui viendrait à émerger des plates-formes nationales, un instrument  pour bâtir et développer la coopération internationale” a avancé Miguel Santibanez, président d’ACCION. ABONG et ACCION ont avec treize autres réseaux nationaux et régionaux, créé une coalition régionale d’Amérique Latine connue sous le nom de  Mesa de Articulación.

De portée mondiale, mais également attentif aux dynamiques régionales, le site internet du centre de ressources est directement relié aux sites régionaux créés par les trois plates-formes d’ONG nationales : www.repaoc.org (pour les plates-formes d’Afrique Centrale et Occidentale dirigées par CONGAD), www.ngo-asia.org (pour la coalition de plates-formes d’ONGs d’Asie de l’Est et du Sud présidée par VANI), et www.mesadearticulacion.org (pour Mesa de Articulación ( pour l’Amérique Latine), coordonnée par ABONG). Il fournit en outre des informations sur leur structure, leur histoire et leur positionnement. Le site met par ailleurs à disposition une liste de représentants des Nations Unies et de l’OMC  afin de faciliter le contact avec les autorités publiques, et renseigne sur le droit d’association, les ordres du jour intergouvernementaux et les grands sommets internationaux à venir,en vue d’aider les plates-formes et coalitions d’ONG à se positionner par elles-mêmes et à se faire entendre.

Afin de rendre le centre de ressource accessible au plus grand nombre, le site est traduit en quatre langues (anglais, français, espagnol et portugais).

Le lancement du CRI a rassemblé des représentants du Département de I’Information Publique, du Département des Affaires Politiques, du Bureau du Président de l’Assemblée Générale, du Service de Liaison Non-Gouvernemental (SLNG), d’ONU-Habitat, du Bureau Global Compact, du bureau des Volontaires des Nations Unies et du PNUD. Les participants ont loué l’initiative comme une première étape trop longtemps attendue vers la constitution de réseaux entre les coalitions et organisations de la société civile des pays en développement tout en apportant un soutien déterminant à leur engagement dans les processus de développement régionaux et mondiaux.

Insistant sur la nécessité de renforcer les voix du Sud dans les débats des Nations Unies, Elisa Peter, députée coordinatrice du Service de Liaison Non-Gouvernementale (ONU-SLNG) a affirmé que le centre de ressources devait avoir un rôle dans l’amélioration de la représentation de celles-ci à l’ONU, et assurer que les perspectives qu’elle offre sur la société civile sont largement diffusées parmi les media et les instances décisionnelles. Shamina Da Gonzalo, Conseiller pour la Société Civile auprès du Président de l’Assemblée Générale a confirmé la nécessité pour les Nations Unies de se donner les moyens d’impliquer la société civile au sein de son processus, ajoutant qu’une structure telle que le CRI pourrait contribuer à identifier et centraliser un groupe de spécialistes des questions de société civile au sein des Nations Unies.

Mme Makinwa Olajobi, du Bureau Global Compact, a suggéré que de telles coalitions devraient commencer à se tourner vers le développement des capacités des OSCs à aborder les questions de responsabilité sociale et du pouvoir des firmes multinationales.

Le nécessité d’une traduction du site en arabe a été soulignée par Mme Yamina Djacta, députée directrice du bureau de New York d’ONU Habitat, de même que l’extension du réseau aux régions de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, où certaines plates-formes d’ONG, telles que l’Arab NGO Network for Development, commencent à s’imposer et ont besoin de renforcer leurs capacités et leurs réseaux.

La prochaine phase dans l’évolution du Centre de Ressources va désormais consister à renforcer les liens déjà existants avec les plates-formes membres de coalitions nationales, tout en explorant les possibilités de partenariats avec de nouveaux membres.