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Pour toute demande des médias, prière de contacter Cassandra Waldon, +212 906 6499, cassandra.waldon@undp.org ; Kumar Tiku, +212 906 5355. kumar.tiku@undp.org or +212 906 5382 Pour télécharger le rapport, visitez: http://www.cphd.af/nhdr/nhdr07/nhdr07.html 26 septembre 2007 Rapport afghan sur le développement humainEn Afghanistan, « le système de justice doit
être remis sur pied de manière à poser des passerelles entre les institutions judiciaires modernes et traditionnelles, à protéger
les droits des citoyens et à renforcer l’état de droit, étape cruciale dans la marche de l’Afghanistan vers une transition
politique et un développement réussis ». C’est là une des recommandations clés qui figurent dans le Rapport national sur le
développement humain pour l’Afghanistan, lancé ici aujourd’hui par M. Hamid Karzaï, Président de l’Afghanistan et M. Kemal
Derviş, Administrateur du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). « Rapprocher la modernité
et la tradition : l’état de droit et la recherche de la justice » est le deuxième Rapport national sur le développement humain
pour l’Afghanistan. Financé par le Gouvernement afghan et le PNUD, mais établi par une équipe d’auteurs indépendants, le Rapport
examine l’importance de l’état de droit pour la mise en valeur des ressources humaines dans le pays. Il identifie les graves
insuffisances en ressources humaines et matérielles qui existent dans le système officiel de justice et appelle à ce que ce
système soit renforcé afin d’être à même de régler les différends. Il préconise un « modèle hybride de justice afghane »
dans lequel les systèmes traditionnels de règlement des litiges – jirgas et shuras- viendraient compléter le système de justice
officiel. « En analysant les défis posés à la mise en valeur des ressources humaines et à l’état de droit, ce Rapport
préconise un mode audacieux et créatif de renforcement des institutions judiciaires en Afghanistan » a déclaré le Président
Karzaï durant le lancement. « Tout en restant attachés aux principes universels des droits de l’homme et aux lois afghanes,
nous pensons que la collaboration de l’Etat et des organes traditionnels de justice œuvrant de concert peut rendre la justice
et l’état de droit plus facilement accessibles aux Afghans » a-t-il ajouté. L’Afghanistan a adapté les objectifs du
Millénaire pour le développement (OMD) convenus par la communauté internationale, qui incluent notamment la réduction de moitié
du nombre de personnes vivant dans la pauvreté extrême et la faim, à neuf OMD afghans. Depuis 2002, le pays a maintenu un
taux de croissance régulier et devrait sans doute atteindre d’ici à 2020 l’objectif qu’il s’est fixé en matière de lutte contre
la pauvreté. Le tableau d’ensemble reste cependant décevant pour ce qui est de la plupart des autres objectifs. Quelque 6,6
millions d’Afghans – soit un tiers de la population – ne mangent pas à leur faim. Près de la moitié de la population estime
vivre dans l’insécurité alimentaire. Le pays réussit mieux qu’un grand nombre de pays voisins de l’Asie du Sud pour
ce qui est de la représentation politique des femmes. En Afghanistan, un quart des sièges environ est réservé aux femmes dans
la Chambre basse de l’Assemblée nationale. Toutefois, les disparités de revenus entre les hommes et les femmes sont énormes,
les hommes gagnant en moyenne quatre fois plus que les femmes. Seules 12 % des femmes savent lire, contre 32,4 % des hommes,
et 23,5 % seulement de la population âgée de 15 ans et plus savent lire et écrire. Les injustices faites aux femmes et aux
enfants – pénurie des services de base tels que les soins de santé et l’éducation et insuffisance des perspectives d’emploi
- et le niveau élevé de violence familiale et de discrimination sont parmi les principaux obstacles qui entravent la réalisation
des objectifs de développement du pays. Malgré la réalisation de progrès notables, le taux de mortalité parmi les enfants
de moins de 5 ans et la proportion de mères qui meurent pendant l’accouchement sont parmi les plus élevés au monde. Moins
d’un ménage sur trois a accès à de l’eau potable, et les surfaces sylvestres ont diminué de près de la moitié depuis 1978.
En 2004, le Gouvernement afghan avait estimé que l’aide requise au cours des sept années suivantes se chiffrerait à
27,5 milliards de dollars des Etats-Unis, soit 168 dollars par habitant et par an. Mais entre 2002 et 2005, les décaissements
ont été bien en-deçà de cette cible, équivalant à environ 83 dollars par habitant et par an. Depuis 2006, les donateurs ont
versé ou promis, à ce jour, 10 milliards de dollars, soit la moitié seulement de ce que le Gouvernement estime nécessaire
pour mettre en œuvre sa stratégie de développement. C’est pourquoi le Rapport engage instamment les donateurs à s’acquitter
de leurs engagements afin d’appuyer les efforts déployés par le pays pour réaliser les OMD. « Les conclusions du Rapport
national sur le développement humain pour l’Afghanistan révèlent qu’en dépit de décennies de guerre, l’Afghanistan a accompli
des progrès considérables dans certains aspects clés du développement humain et pour ce qui est de la réalisation de ses objectifs
de développement » a déclaré M. Derviş. « Avec l’atténuation progressive du spectre de la violence et de l’incertitude
en Afghanistan, la nécessité d’élargir les perspectives de vie et de développement humain dans l’ensemble du pays devient
de plus en plus urgente, » a-t-il ajouté. Le Rapport indique que le problème de la sécurité personnelle constitue l’un
des plus gros obstacles à la réalisation des objectifs en Afghanistan. Rien qu’en 2006, plus de 4 400 Afghans – dont 1 000
civils – ont perdu la vie au cours de violences antigouvernementales, soit deux fois plus qu’en 2005. Comme le signale le
Rapport, « La sécurité est une condition préalable à l’instauration de l’état de droit, ce qui a pour conséquence de favoriser
un climat propice au développement humain. Le renforcement de l’état de droit peut néanmoins constituer un moyen important
de donner aux personnes la liberté d’exercer leurs choix et d’améliorer leur capacité à vivre une vie saine et productive.
» Le Rapport souligne la nécessité de parvenir à une réconciliation afin de régler la question des violations passées
des droits de l’homme. Il constate que deux tiers des Afghans qui ont répondu à une enquête disent qu’eux-mêmes ou un membre
de leur famille ont été les victimes directes d’une injustice ou de violations des droits de l’homme au cours des deux dernières
décennies. Les principales victimes des violations des droits fondamentaux et des crimes de guerre étaient les femmes, les
enfants et les minorités religieuses et ethniques. Le trafic sans cesse croissant des stupéfiants a de graves implications
politiques et en matière de sécurité nationale pour la région. La culture du pavot a augmenté de 61 % en 2006, et l’Afghanistan
a produit 90 % de l’opium mondial. « L’économie de l’opium est une source de corruption qui sape les institutions publiques,
en particulier celles des secteurs de la sécurité et de la justice, » peut-on lire dans le Rapport. En Afghanistan, la corruption
omniprésente, si on lui laisse libre cours, risque également de nuire aux acquis réalisés à ce jour, ainsi qu’à la légitimité
tant du Gouvernement que de l’aide internationale. Sur l’Indice de perception de la corruption de Transparency International
de 2004, l’Afghanistan se place au 117e rang sur 159 pays. Les tribunaux sont perçus comme étant les institutions les plus
corrompus, suivis des branches administratives du Gouvernement. Le Rapport note que l’omniprésence de la corruption en Afghanistan
sape l’état de droit. Le droit à la terre et la garantie des droits de propriété constituent également d’autres obstacles
à l’état de droit, d’après le Rapport. Les membres du personnel judiciaire sont mal rémunérés et nombre d’entre eux n’ont
pas de qualification professionnelle. En outre, des éléments clés du système officiel de justice ne fonctionnent pas de manière
unifiée. Tous ces problèmes entravent l’efficacité du système de justice afghan. Dans le système traditionnel, l’accent
est mis sur la rapidité et la réconciliation dans l’optique de réinsérer l’offenseur dans la communauté. Des données qualitatives
issues des enquêtes de perception menées plus tôt dans l’année et incluses dans le Rapport indiquent que les Afghans considèrent
les jirgas et les shuras plus accessibles, plus efficaces pour rendre la justice, moins corrompues et plus dignes de confiance
que les tribunaux officiels. Mais les femmes sont les grandes perdantes, tant dans le système officiel que dans le système
parallèle. Elles se voient souvent refuser un accès égal et équitable à la justice car elles ne sont pas autorisées à porter
elles-mêmes une affaire devant les instances judiciaires. Les mécanismes traditionnels leur sont encore moins favorables,
aboutissant parfois au baad, une pratique de mariage forcé manifestement contraire aux principes des droits fondamentaux.
Si d’autres mécanismes de règlement des différends sont nécessaires pour renforcer le système de justice officiel
naissant, le Rapport fait valoir avec force le besoin de mettre en place un mécanisme effectif de contrôle et de surveillance
des droits de l’homme afin de garantir que les décisions prises par les jirgas et les shuras soient conformes aux principes
des droits de l’homme et à la Constitution de l’Afghanistan. Le Rapport national sur le développement humain de l’Afghanistan a été établi avec l’aide
du PNUD par une équipe de chercheurs indépendants sous la direction d’analystes éminents du Centre pour la politique et le
développement humain de l’Université de Kaboul. Le Rapport est basé sur des données primaires et secondaires (qualitatives
et quantitatives) et sur des consultations menées avec des citoyens ordinaires dans l’ensemble de l’Afghanistan. |
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