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15 août 2008
500 vélos pour la paix dans le nord de l’Ouganda

Des bicyclettes prêtes à être distribuées à Pader
Dans le cadre de l’engagement pris par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) pour favoriser la paix, la sécurité et le relèvement au sein des communautés touchées par la guerre dans le nord de l’Ouganda, le Programme a lancé la campagne « Des vélos pour la paix », dont l’objectif est de favoriser et d’élargir la contribution des femmes au processus de paix.

Cette campagne, dont le coût est évalué à environ 80 000 dollars des Etats-Unis, s’inscrit dans le projet du PNUD contre la violence sexuelle et sexiste, qui vise à renforcer la paix et la sécurité en appuyant les initiatives des femmes en matière de consolidation de la paix dans le nord de l’Ouganda. Le PNUD a distribué 516 vélos à des femmes dans les quatre districts suivants : Pader (156), Kitgum (150), Lira (110) et Gulu (100).

M. Athman Kakiva, Représentant résident adjoint du PNUD responsable des opérations qui a remis la première série de vélos à des groupes de femmes dans le cadre de cérémonies distinctes à Kitgum et à Pader le 30 juillet 2008, a déclaré que pour être durable, la paix exige une participation pleine et entière des femmes à toutes les phases du processus de paix.

« Dans cette région, les femmes font preuve de beaucoup d’énergie et d’un grand sens de l’innovation dans la quête de la prévention des conflits et de la réconciliation, » a déclaré M. Kakiva.

Mme Rukia Isanga Nakadama, Ministre d’Etat de la condition féminine et de la culture, qui a présidé aux cérémonies, a encouragé les hommes à aider les femmes dans ce projet, car les vélos vont bénéficier aux communautés tout entières. Elle a lancé un avertissement contre la consommation excessive d’alcool, l’une des causes principales de la violence sexuelle et sexiste, a-t-elle ajouté.

Mme Nakadama s’est félicitée de la démarche adoptée par le PNUD en matière d’aide au relèvement, démarche qui cherche à faire fond sur les points forts et les ressources des communautés touchées et qui consiste à donner aux dirigeants eux-mêmes les moyens d’intervenir. Une telle approche, a-t-elle dit, permet aux bénéficiaires de contrôler et de poursuivre le processus de relèvement et de développement.

Les chefs des pouvoirs publics locaux des districts de Kitgum et de Pader ont salué ce projet et ont annoncé que les « vélos pour la paix » arrivaient au bon moment, alors même que les gens revenaient chez eux après avoir quitté les camps de personnes déplacées. Le conflit, ont-ils ajouté, ont eu de graves répercussions sur la population du nord de l’Ouganda et à la suite des traumatismes et de la pauvreté que cela avait provoqués, beaucoup d’hommes s’étaient mis à boire, ce qui avait contribué à l’augmentation de la violence sexuelle et sexiste et de la violence familiale.

« La violence sexuelle était omniprésente dans les camps, où certaines personnes sont restées plus de 10 années, » a déclaré M. John Komakech Ogwok, président du district de Kitgum. « Mais c’est l’affaire de tout le monde de veiller jalousement à la sécurité collective afin que les gens puissent retourner chez eux dans la paix et reprendre une vie normale. »

Un grand nombre de femmes, a dit M. Charles Otai, directeur administratif du district de Pader, étaient victimes de la violence sexuelle et familiale et étaient donc exposées au VIH/sida. Il a exhorté les bénéficiaires du projet « Des vélos pour la paix » à devenir de véritables défenseurs du changement et du développement dans la région.

Le préfet de police du district de Pader, le lieutenant Santos Okot Lapolo, a signalé qu’il n’y avait pas d’institutions judiciaires et juridiques dans les régions du nord où revenaient les personnes déplacées. En outre, les victimes de violence sexiste manquent souvent de preuves à présenter aux tribunaux. C’est pourquoi les gens ont tendance à recourir à la justice traditionnelle rendue par le truchement de leur clan, ce qui n’est pas sans avoir ses limites. Le projet « Des vélos pour la paix » contribuera donc à réduire le nombre de cas de violence sexuelle et sexiste en donnant aux femmes les moyens de mobiliser leurs communautés pour prévenir les conflits et la violence sexuels.

Dans le cadre du programme du PNUD contre la violence sexuelle et sexiste, plus de 700 femmes, y compris des conseillères et des dirigeantes municipales des quatre districts susmentionnés, ont suivi des cours de formation sur la consolidation de la paix, la négociation et le règlement des conflits afin de prévenir toute forme de violence, en particulier contre les femmes et les filles. Toutefois, il arrive souvent qu’elles ne sont pas en mesure de s’acquitter de leurs tâches car certaines zones sont difficiles d’accès. La plupart des routes des régions où les gens sont revenus après avoir quitté les camps de personnes de déplacées sont en très mauvais état après des années où elles ont été laissées à l’abandon, et là où ces routes ont été remises en état, les femmes ne peuvent pas parcourir rapidement ces distances à pied.

Les vélos aideront les femmes à atteindre les populations rurales dispersées avec des moyens abordables et faciles à entretenir. Toutes les bénéficiaires ont appris à réparer et à entretenir les vélos, ce qui leur permettra dé prolonger la durée de vie de ces moyens de transport, et leur donnera également les moyens pratiques de gagner leur vie.

Cet article a été produit par l'Unité de prévention des crises et relèvement du PNUD en Ouganda