20 June 2008 Myanmar : histoire d'une naissance après le cyclone
 Ma Thidar Hlaing et son bébé Hninn. | U
Thuzayta, abbé au sein du monastère de Zay Yar Boan Myint, Bogale, annonce d’une voix claire et posée que la petite fille
née vendredi dernier s’appelle Thet Su Wai Hninn.
Le bébé sourit, étendant ses bras vers l’abbé comme si il eût
compris ses paroles. Il n’est pas inhabituel pour les villageois de rendre visite aux monastères du coin pour demander à la
communauté religieuse de donner un nom à leur enfant. Les populations estiment que cet acte porte chance aux nouveaux-nés.
C’est exactement ce que Ma Thidar Hlaing et son mari Ko Tun Wai, âgés de 35 et 21 ans respectivement, sont venus
faire ici le 9 juin. La petite fille a un mois. Elle est née une semaine tout juste après la devastation du Delta de l’Irrawady
par le Cyclone Nargis. Ses parents sont également nés dans le Delta.
« Je suis heureuse qu’elle soit née après
le cyclone. Je n’ose pas imaginer ce qui se serait passé si elle était née avant», confie Hlaing, qui travaille au bureau
de Bogale du PNUD en tant que « facilitatrice » auprès des communautés.
Bien que Hninn eût été prévue pour la troisième
semaine d’avril, selon le médecin, Hlaing a hésité à se rendre à l’hôpital car elle voulait donner naissance à son enfant
de manière naturelle. Elle était en congé maternité, chez elle dans le village de Ta Loat Chaung lorsque Nargis est arrivé
le 2 mai.
Le cyclone a emporté avec lui 20 maisons mais laissé intact le bâtiment de deux étages où se sont réfugiés
la majorité de la population et quelques habitants du village d’à côté. Hlaing se souvient du moment le plus dangereux, lorsque
le bâtiment s’est rempli au-delà de sa capacité avec 200 personnes logées à l’étage supérieur. A l’extérieur, il y avait un
gros bateau attaché à un arbre avec des gens dessus.
« La moitié d’entre nous est allée se réfugier sur le bateau,
» a dit Hlaing. « Si nous n’avions pas bougé, la maison se serait écroulée sous le poids de la foule et à cause du vent qui
soufflait de tous côtés ».
Hlaing et les autres survivants n’avaient que du jus de coco à boire. Il n’y avait pas
de nourriture. Un bateau est arrivé le matin du 4, emmenant les survivants vers un camp du gouvernement situé dans la ville
d’à côté, Mawlamyinegyun. Hlaing et son mari, accompagnés de 100 autres, se sont rendus au camp. Les autres sont restés dans
la maison.
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