22 octobre 2008 Nouveau rapport sur les enjeux du relèvement économique post-conflit
Alors que les pays ravagés par la guerre font les gros titres de l’actualité, on relate beaucoup
plus rarement la manière dont ils se relèvent de ces épisodes de violence. Le relèvement économique représente pourtant un
énorme défi pour ces nations dévastées et fait ainsi l’objet d’un vaste rapport publié aujourd’hui par le Programme des Nations
Unies pour le développement (PNUD).
Ce rapport intitulé Le relèvement économique post-conflit : soutenir l’ingéniosité
locale constitue une analyse approfondie axée sur trois facteurs essentiels : l’importance de l’ingéniosité locale comme moteur
du relèvement, le rôle de soutien de l’État dans ce processus et les politiques qui permettent de reconstruire des économies
exsangues et de réduire les risques de reprise des hostilités. L’étude cite des exemples de pays qui ont réussi à redresser
leur économie suite à un conflit et d’autres qui continuent à stagner, tout en exposant les conditions fondamentales indispensables
à un relèvement économique post-conflit.
« Cette vision globale du relèvement post-conflit s’appuie sur l’expérience
que le PNUD a pu acquérir dans les nombreux pays du monde où il travaille, dont la plupart sont ravagés par des conflits violents
», explique Kemal Derviş, Administrateur du PNUD. « Elle nous a permis de repenser la manière dont nous aidons ces pays
à se reconstruire après des mois, des années ou des décennies de violence. »
Ce rapport offre un regard nouveau
sur les défis auxquels doivent faire face les pays qui sortent de la guerre et met l’accent sur le fait que tout programme
de relèvement doit s’appuyer sur une solide compréhension des dynamiques locales. Sans cette base, les politiques d’aide peuvent
au contraire exacerber les tensions. Un conflit ne détruit pas les économies locales, il les transforme. Il offre de nouvelles
opportunités économiques, souvent positives, pour les femmes. Il peut également alimenter les inégalités entre différents
groupes ou minorités. Au vu de ces éléments, la première leçon à retenir pour la communauté internationale en matière de relèvement
post-conflit est de ne pas faire de dégâts, en favorisant des actions qui réduisent le risque de reprise du conflit et alimentent
une activité économique positive.
Le rapport souligne comme deuxième leçon essentielle que les acteurs locaux doivent
constituer les moteurs du relèvement. Même après des années de conflit, les communautés déchirées par la guerre possèdent
toujours les ressources humaines, entre autres, nécessaires au relèvement, et c’est souvent grâce aux efforts locaux que les
économies se reconstruisent. Au-delà du fait qu’il reconnaît l’importance des acteurs locaux, ce rapport encourage la communauté
internationale à s’appuyer sur les activités des communautés et des institutions locales et à travailler avec elles.
Cette étude examine par ailleurs le rôle des partenaires externes dans le relèvement post-conflit. Elle invite les partenaires
internationaux à alléger la dette de ces pays afin de leur permettre de respirer pendant les années qui suivent immédiatement
la fin des hostilités. Elle propose également que ceux-ci génèrent des emplois, ce qui constitue la meilleure manière de garantir
que la croissance économique profitera à la majorité de la population, et qu’ils soutiennent les efforts nationaux visant
à reconstruire la capacité de l’État et à asseoir sa légitimité.
« Se relever d’un conflit n’équivaut pas à rétablir
les conditions économiques et institutionnelles qui prévalaient avant la guerre », déclare Kemal Derviş. « Il s’agit
avant tout d’investir dans la population et les institutions tout en corrigeant les facteurs qui ont contribué à déclencher
le conflit. La fin d’un conflit offre une opportunité, même limitée, de revenir sur les déséquilibres qui l’ont précédé et
d’initier un relèvement et un développement économiques durables. »
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