Les femmes ont certes été durement touchées, mais elles ont joué un rôle essentiel dans la réduction des risques
de catastrophe
New York — Pour mieux répondre aux catastrophes naturelles, les gouvernements doivent investir davantage dans la réduction
des risques encourus par les communautés vulnérables et veiller tout particulièrement à la prise en compte des sexospécificités
dans le processus de relèvement, indique un rapport présenté aujourd’hui aux Nations Unies.
Ce rapport, intitulé
« L’héritage du tsunami : innovation, percées et changement », montre en effet que l’implication des communautés locales est
aussi déterminant que l’installation de systèmes d’alerte précoce de pointe. Il souligne également la nécessité, pour les
pouvoirs publics, d’incorporer les mesures de réduction de risques de catastrophes dans les plans de développement national.
Commandité par le Projet relatif aux leçons apprises du Tsunami sur le plan mondial, un consortium regroupant
des représentants issus des cinq pays les plus touchés par la catastrophe, à savoir, l’Inde, l’Indonésie, les Maldives, le
Sri Lanka et la Thaïlande, ainsi que des délégués des Nations Unies et de la Fédération internationale des sociétés de la
Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, ce rapport décrit les enseignements tirés de la réponse mondiale en faveur du relèvement
après le tsunami. Il expose aussi les meilleures pratiques susceptibles de contribuer à prévenir les catastrophes naturelles
et à s’y préparer.
 Photo: PNUD Helen Clark, Administrateur du PNUD,
le Président Bill Clinton et le Secrétaire général, Ban Ki-moon, assistent au lancement du rapport.
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« Notre capacité à gérer les catastrophes naturelles est bien meilleure que nous le pensions », a déclaré M. Ban Ki-moon,
le Secrétaire général des Nations Unies, en réaction à ce rapport. « Nous ne pouvons certes pas empêcher ce type d’événement,
mais nous avons la capacité de diminuer la puissance potentielle de telles catastrophes. Pour cela, il nous faut faire preuve
d’une grande prévoyance et mettre en œuvre une planification avancée et non simplement des secours d’urgence. Ce rapport me
paraît donc très éloquent à cet égard ».
Depuis le tsunami meurtrier qui a frappé l’océan Indien en 2004, il y
a eu un débordement d’activités menées par les gouvernements, les institutions internationales et les organisations de la
société civile en vue de la création de systèmes d’alerte précoce aux niveaux national et régional. Pas moins de 24 plates-formes
flottantes de détection avancée ont été placées dans l’océan Indien et 168 gouvernements ont adopté des mesures préventives
destinées à réduire les divers risques en cas de catastrophe naturelle. En outre, 250 000 nouvelles habitations en dur ont
été édifiées, plus d’une centaine de ports et d’aéroports reconstruits ainsi que 3 000 écoles et des centaines d’hôpitaux
réhabilités.
« En qualité d’envoyé spécial des Nations Unies pour l’après-tsunami, je suis heureux de pouvoir
aider les pays et les communautés touchés par le tsunami à s’engager en faveur d’une « meilleure reconstruction », a déclaré
le président Bill Clinton. « Grâce au flot ininterrompu de contributions en temps, compétences, argent et équipements nécessaires,
fournies conjointement par les Nations Unies, la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant
Rouge, les centaines d’ONG impliquées, les gouvernements donateurs, les entreprises du secteur privé, les citoyens et les
pouvoirs publics des communautés touchées ainsi que les citoyens du monde entier, des avancées significatives ont été réalisées
en matière de reconstruction, de prévention et d’atténuation des futures catastrophes. Mais il reste encore beaucoup à faire.
J’ai l’espoir que nous poursuivrons et renforcerons nos efforts pour promouvoir une bonne gouvernance, un développement économique
adéquat et une planification préalable aux catastrophes, même en ces temps de crise économique ».
Lors de la catastrophe
du tsunami en 2004, bon nombre de personnes n’ont pu avoir accès à l’aide, du simple fait de leur sexe, de leur appartenance
ethnique, de leur âge, de leur classe sociale, de leur religion ou de leur profession, souligne le rapport. Ainsi, les femmes
ont-elles été particulièrement touchées par ce désastre. Cependant, selon le rapport, le processus de relèvement a permis
de traiter les disparités sociales sous-jacentes dans la région, de renforcer la protection des droits de l’homme des groupes
marginalisés et de créer un environnement favorable à la participation sociale. La capacité des communautés à répondre à des
systèmes d’alertes précoce a été améliorée et les programmes de sensibilisation aux catastrophes ont été inclus dans bon nombre
de programmes scolaires. En outre, plusieurs pays ont adopté des mesures antidiscriminatoires visant à aider toutes les victimes
à bénéficier de l’aide, notamment en cas de conflit.
 Photo:PNUD |
« L’effort de relèvement après le tsunami a démontré qu’en travaillant main dans main et en collaborant avec les communautés
locales à toutes les étapes du processus, nous pouvons véritablement parvenir à une meilleure reconstruction », a déclaré
Helen Clark, Administrateur du Programme des Nations Unies pour le développement et présidente du Groupe des Nations Unies
pour le développement. « L’une des premières et principales leçons tirées du tsunami est que tous les pays ont besoin de mieux
se préparer à l’éventualité d’une catastrophe naturelle. Pour cela, il est nécessaire que les gouvernements, les Nations Unies
et les autres partenaires concernés prennent des mesures audacieuses pour s’assurer de la mise en place effective de toutes
les actions de prévention destinées à réduire les risques liés aux catastrophes ».
« Le tsunami nous a révélé
que nous disposions d’un réservoir infini de bonne volonté, qui constitue le fondement sur lequel nous pouvons nous appuyer
pour renforcer nos liens d’humanité et de solidarité », a déclaré le Dr Marty M. Natalegawa, Représentant permanent de la
République d’Indonésie auprès des Nations Unies. « Nous devons développer le potentiel de ce réservoir et forger des relations
plus étroites entre les nations en vue de l’instauration d’un monde à visage humain ».
Le tsunami qui a frappé
l’océan Indien le 26 décembre 2004 a entraîné la mort de plus de 228 000 personnes dans 14 pays en Asie du Sud-Est, en Asie
du Sud et en Afrique, faisant des victimes de 40 nationalités différentes et des dégâts matériels estimés à près de 10 milliards
de dollars américains. Les zones côtières et les écosystèmes dans les régions frappées ont été totalement dévastés et des
milliers de villages engloutis sous les flots.
Pour télécharger une copie du rapport « L’héritage du tsunami :
innovation, percées et changement », veuillez consulter le site Internet http://www.undp.org/asia/the-tsunami-legacy.pdf.
À propos du rapport :
Le rapport « L’héritage du tsunami : innovation, percées et changement » a
été coordonné par Kuntoro Mangkusubroto, président du Comité directeur pour les leçons apprises du tsunami sur le plan mondial
(Tsunami Global Lessons Learned Steering Committee) et ancien directeur de l’Agence de reconstruction et de relèvement à Aceh
et Nias. Le rapport a été présenté au public au cours d’un événement organisé par l’ONU et la Mission permanente de la République
d’Indonésie auprès des Nations Unies. Cette manifestation s’est déroulée au siège de l’ONU, à New York, et a donné lieu à
des discours prononcés par M. le Secrétaire général Ban Ki-moon et le président Bill Clinton, ainsi qu’à des interventions
de la part de l’Administrateur du PNUD, Mlle Helen Clark, et de S. E. Marty Natalegawa.
À propos du GNUD
:
Le Groupe des Nations Unies pour le développement est composé de 33 fonds, programmes, agences, départements
et bureaux relevant des Nations Unies qui œuvrent en faveur du développement.