|
01 juillet 2009 Le problème des mines antipersonnel persiste en Irak
Bagdad – Le Ministère de l’Environnement irakien a présenté aujourd'hui un rapport
conjointement publié par l'UNICEF et le PNUD, faisant état des difficultés auxquelles ce pays serait confronté pour
satisfaire à ses obligations en tant que signataire de la Convention d'Ottawa sur les mines antipersonnel. « Après des décennies de guerres et de conflits, l’Irak est devenu le pays le plus contaminé au monde en termes de mines
et de restes explosifs de guerre, lesquels exercent un impact négatif sur la vie quotidienne de centaines de milliers de
citoyens irakiens », a indiqué Paolo Lembo, Directeur de pays du PNUD en Irak. « Malheureusement, les capacités et les ressources
actuelles du gouvernement sont telles qu’il est fort improbable que l’Irak puisse remplir ses obligations en application
de la Convention sur les mines antipersonnel. Il faudra sans doute compter plusieurs décennies pour mener à terme la neutralisation,
l’enlèvement et la destruction des mines et des engins explosifs dans ce pays », a-t-il ajouté. En ratifiant cette convention, l’Irak s’était engagé à ne plus jamais utiliser, produire, acquérir ou exporter des mines
antipersonnel. Il s’était aussi engagé, par la même occasion, à détruire ses stocks de mines dans les quatre ans suivant
sa ratification et à nettoyer ses champs de mines dans les dix années suivantes. Le rapport, intitulé Vue d’ensemble des mines et des restes explosifs de guerre en Irak (« Overview of Landmines and Explosive
Remnants of War in Iraq »), fait état de 20 millions de mines et 2,66 millions de bombes à sous-munitions contaminant plus
de 1 700 kilomètres carrés de terres en Irak, dont des champs pétrolifères et des terres agricoles. Ces restes explosifs
de guerre ont un impact négatif direct sur la vie de plus de 1,6 million d’irakiens dans près de 4 000 communautés, en retardant
considérablement le relèvement économique dans ces régions et dans le pays en général. La ratification, par l’Irak, de la Convention sur les mines antipersonnel est entrée en vigueur en février 2008. Depuis
cette date, près de 20 kilomètres carrés de terres ont été nettoyés par les organisations de déminage nationales et internationales
et 276 658 personnes ont bénéficié d'une formation de sensibilisation aux problèmes posés par les mines, grâce à des activités
soutenues par l’UNICEF. En vertu de la Convention d’Ottawa, l’Irak est tenu de procéder au nettoyage de toutes les zones
de son territoire sur lesquelles la présence de mines anti-personnel serait avérée ou suspectée, avant février 2018. « Dans les premiers temps qui ont suivi la ratification, par l'Irak, de la Convention d'Ottawa sur les mines antipersonnel,
nous nous sommes résolument engagés dans la difficile entreprise de veiller au respect, par l’Irak, de ses obligations au
titre de la Convention », a expliqué Son Excellence Narmin Othman, ministre irakienne de l’Environnement. « Ce rapport montre
très clairement l’ampleur de la tâche qui nous attend et il est ne fait aucun doute que beaucoup reste encore à faire à cet
égard », a-t-elle conclu. Le rapport note également que près d’un million d’enfants irakiens sont exposés aux risques de blessures et de mort par
les mines et les munitions explosives abandonnées et que 2 000 enfants ont déjà été tués ou mutilés par des bombes à sous-munitions
(soit le quart des victimes de tels accidents) depuis 2003. « Les enfants irakiens voient leurs droits fondamentaux, tels que le droit à grandir et le droit à aller à l’école dans
un environnement sain, quotidiennement mis en péril par des millions de mines et de restes d’explosifs de guerre dans le
pays », a précisé Sikander Khan, Représentant de l’UNICEF en Irak. « Si aucune mesure supplémentaire n’est prise dans l’immédiat
pour neutraliser les mines, des milliers d'enfants continueront de voir leur vie dévastée et seront privés de toute perspective
de jouir d’un avenir meilleur ». Durant ces 10 dernières années, l'UNICEF a pris en charge le Programme de sensibilisation au danger des mines en Irak,
à la faveur duquel deux millions de personnes ont reçu des informations et des outils de prévention sur les dangers posés
par les mines et les restes d’explosifs de guerre. Le PNUD coordonne le programme de lutte antimines des Nations Unies en
Irak, qui appuie le gouvernement irakien et les autorités civiles chargées de la lutte antimines par le renforcement des
capacités de déminage et de neutralisation opérationnelle des mines et la mise en place d’un cadre de coordination et de
régulation spécifique à la lutte antimines. Related files
|
|||||||
|
|
|||||||