01 juillet 2009 Micro-finance dans les quartiers de Djibouti
 | | Aicha (à gauche) dans son magasin
de tissus et boubous au « Marché des Mouches, » avec Filsan (à d.roite), Agent de crédit et d’épargne | Il
est neuf heures du matin dans une ruelle de Balbala, vaste quartier périphérique à la sortie de Djibouti Ville. Les clients
se bousculent devant le commerce de Nima Moussa Warfa, faisant leurs courses pour s’approvisionner en riz, pâtes, farine,
et autres aliments de base.
Aicha Doualeh accueille les gens cherchant de fins tissus et boubous de tous les couleurs,
importés de Dubaï et de l’Inde. Malgré la chaleur, il y a beaucoup de passage au « marché des mouches » en milieu de matinée.
Exclues des structures financières traditionnelles, les entreprises de Nima et Aicha ont fleuri même si elles sont
encore petites. C’est pourquoi, pour faire avancer leurs commerces et parfois joindre les deux bouts, ces deux femmes s’appuient
sur les microcrédits qu’elles obtiennent de la Caisse populaire d’épargne et de crédit.
 | | L’équipe de la CPEC, au siège, quartier Maka Moukarama | Grâce
à l’appui du PNUD, la Caisse a été ouverte en janvier 2009 et son personnel a reçu des formations sur le cadre réglementaire
de la micro-finance. Cette assistance est délivrée dans le cadre du Programme d’appui du PNUD à l’Agence djiboutienne de développement
social, entité nationale chargée de la mise en œuvre de la stratégie nationale de lutte contre la pauvreté.
Constituée
à travers le regroupement de quinze institutions de micro-finance, la Caisse comptait 1600 clients au moment de sa création.
Six mois plus tard, en juin 2009 elle atteignait un total de 3041 clients, dont 90% des femmes. Un taux de remboursement de
l’ordre de 98% a été enregistré.
Nima pointe du doigt une petite maison en tôle en face de son magasin : « Avant
je vivais là, mais avec les crédits et le développement de mes activités j’ai pu bâtir cette maison » explique-t-elle, montrant
une demeure en dur à côté. Elle a débuté avec un crédit de 30 000 francs (170 USD) et, ayant fait preuve de sa capacité à
épargner et rembourser, elle empruntera prochainement 500 000 francs (2 825 USD).
 | | Nima a pu s’acheter une machine à coudre avec les micro crédits qu’elle emprunte.
| Nima a d’autres projets en cours. Elle est en train de faire construire une autre maison
qu’elle louera cette fois-ci dans le quartier PK12, à la périphérie de la ville. Non sans une certaine fierté, elle présente
une machine à coudre qu’elle s’est achetée et avec laquelle elle fait des commissions de couture pour les résidents de son
quartier. Elle est également en mesure de subvenir aux besoins de ses proches. Son petit fils est allongé dans la maison.
« J’arrive aussi à le soigner. Il est malade à cause d’un incendie qu’il a subi, » ajoute-t-elle.
Comme Nima,
Aicha emprunte des sommes équivalentes à 500 000 francs. « Cela m’aide avec mes économies, » dit-elle, « et je m’en sers pour
élargir mon stock de boubous. »
En 2009, le PNUD a renouvelé ce programme d’appui pour poursuivre le renforcement
des capacités institutionnelles, techniques et managériales des institutions de micro-finance, dont notamment la Caisse populaire
d’épargne et de crédit. C’est une initiative qui bénéficie directement aux couches les plus pauvres et vulnérables de la population.
La micro-finance met à leur portée les ressources leur permettant de faire avancer leurs activités commerciales et d’améliorer
leurs conditions de vie.
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