11 juin 2009
Premier rapport sur travail et famille en Amérique latine
L’intégration des femmes dans la population active d’Amérique Latine et des Caraïbes nécessite un bouleversement dans
la relation entre travail et vie familiale dans la région.
Ce boulverselement donnerait lieu v des sociétés égalitaires
et des économies plus dynamiques, selon un rapport publié par l’Organisation internationale du travail (OIT) et le Programme
des Nations Unies pour le développement (PNUD).
« Aujourd’hui, plus de 100 millions de femmes sont présentes sur
le marché du travail dans la région, ce qui constitue un niveau sans précédent », souligne le premier rapport sur Trabajo
y Familia: hacia nuevas formas de conciliación con corresponsabilidad social (« Travail et Famille: vers de nouvelles formes
de conciliation avec le partage des responsabilités sociales ») élaboré pour la région de l’Amérique Latine et des Caraïbes
par l’OIT et le PNUD.
Le document, présenté à Genève à l’occasion de la 98ème Conférence Internationale sur le
Travail, stipule que réconcilier la vie familiale ou personnelle et la vie professionnelle constitue « un des plus grands
défis de notre temps », puisqu’« il s’agit d’une dimension fondamentale pour promouvoir l’égalité dans le monde du travail
et combattre la pauvreté. »
Le conflit entre le travail et la famille « constitue un coût très élevé non seulement
pour les femmes, ainsi que pour les personnes à leur charge mais également pour la croissance économique des pays, le bon
fonctionnement du marché du travail et la productivité des entreprises. »
Selon le rapport, 53 pour cent des femmes
en Amérique Latine et aux Caraïbes seraient présentes sur le marché du travail, un chiffre qui atteint les 70 pour cent, si
l’on tient compte des femmes âgées de 20 à 40 ans. C’est un progrès qui « a eu des effets importants sur la production de
richesses des pays, le bien-être dans les foyers et la réduction de la pauvreté. »
« De nos jours, les femmes
et les hommes se trouvent dans le monde du travail, mais aucun processus similaire n’existe pour une redistribution de la
charge des corvées domestiques. Les services sociaux qui offrent une assistance dans ce domaine ont très peu augmenté et aucune
réorganisation de la vie sociale ne s’est produite », ajoute le rapport.
La difficulté de trouver un équilibre
entre la vie familiale et la vie professionnelle crée des problèmes de rendement, de disponibilité et de stabilité dans les
postes de travail. Cela entrave le progrès en matière d’égalité des sexes et affecte la qualité de vie des personnes et de
leurs familles, ce qui entraîne à son tour un gaspillage de la main-d’œuvre.
Le rapport affirme que l’intégration
des femmes dans le monde du travail a conduit à la découverte de l’existence d’une rigidité dans la répartition des rôles
entre les sexes, à la dévalorisation des tâches domestiques et à la perception que s’occuper de la famille et des travaux
ménagers est un travail de femme.
Le rapport nous apprend que le manque d’équilibre entre le travail et la famille
ainsi que l’impact sur les perspectives de carrière des femmes alimente la discussion sur la qualité des emplois disponibles
pour de nombreuses femmes qui sont forcées de travailler dans le secteur informel. « La discrimination salariale est une des
conséquences de la division du travail basée sur le sexe ». Par conséquence, en Amérique Latine, leur salaire des femmes
constitue 70 pour cent du salaire des hommes.
Le rapport de l’OIT et du PNUD se propose de rechercher des formules
pour réconcilier la vie professionnelle et la vie familiale « avec un partage équitable des responsabilités sociales, autrement
dit que les tâches familiales soient partagées équitablement entre les hommes et les femmes, mais également entre l’État,
le marché et les familles, ainsi que par la société en général. »
Les deux organismes des Nations Unies formulent
diverses stratégies publiques ainsi que des domaines d’intervention sur le plan juridique, politique et administratif, qui
devraient être mises en œuvre par les États, les entreprises, les syndicats, les individus et par différentes organisations
sociales.
L’étude documente les meilleures pratiques dans ce domaine, avec des initiatives gouvernementales, ou
en provenance d’entreprises et de syndicats, et souligne le rôle important des accords collectifs négociés.
L’idée
que le travail ménager est la responsabilité des femmes a fait ralentir le progrès vers une meilleure qualité de vie, relève
le rapport. « S’impliquer dans les tâches domestiques relève également de la responsabilité des hommes.»
Le rapport
a été présenté à Genève par les directeurs régionaux pour l’Amérique Latine et les Caraïbe du PNUD, Rebeca Grynspan, et de
l’OIT, Jean Maninat. Une table ronde a été également organisée avec la participation de Nilcéa Freire, Ministre, Secrétaire
Spéciale pour les Femmes (SPM) du Brésil ; Max Puig, Secrétaire d’État du Travail de la République Dominicaine; Dagoberto
Lima Godoy, Représentant des travailleurs au Conseil d’administration de l’OIT au Brésil et Julia Requena, Directrice du Syndicat
central des travailleurs (Nacional Central Unitaria de Trabajadores – CUT) au Chili.