Dr. Jacinta Correia est une des 11 magistrates servant dans les tribunaux du Timor-Leste (Photo: PNUD)
Jacinta Correia se lève à cinq heures tous les matins. Son histoire pourrait être celle de milliards de femmes de par le monde,
qui s’occupent de leurs enfants puis s’empressent de partir au travail. Mais il s’agit de Jacinta Correia, juge de 36 ans,
docteur en droit, mère de deux enfants et première diplômée de la première promotion de magistrats et défenseurs publics du
Timor-Leste. À cinq heures du matin, quand tout est encore calme, elle songe à ses dossiers et prend des décisions. Elle prépare
ensuite ses enfants pour l’école, puis elle passe la majeure partie de sa journée à son bureau, au Tribunal de district de
Dili.
Le docteur Jacinta, comme on l’appelle dans son pays, est l’une des onze juges nationaux siégeant aux tribunaux
de district du Timor-Leste. Assermentée en juillet 2007, elle est l’une des quatre femmes magistrats et défenseurs publics
timorais. Avec leurs collègues masculins, elles ont suivi un cours de deux ans et demi dispensé par le ministère de la Justice
au Centre de formation juridique, l’une des institutions de la justice nationale appuyées par le Programme du Système de justice
du PNUD depuis 2003.
« Quand j’étais petite, j’allais voir mon grand-père qui rendait des décisions arbitrales
dans notre village ; il était ce que nous appelions lia nain, un médiateur communautaire. Bien que cette fonction n’ait généralement
pas été confiée à des femmes, j’ai toujours su que je voulais suivre cette voie », dit le Dr Jacinta.
Son parcours
n’a pas été facile. Le Dr Jacinta a dû commencer par convaincre sa famille de la laisser partir faire des études à l’étranger.
« Notre culture est très patriarcale, et j’ai eu du mal à convaincre mes parents », dit-elle. Mais elle y est parvenu et a
fait cinq années d’études de droit en Indonésie. En 2000, de retour au Timor-Leste, elle fut choisie pour exercer les fonctions
de juge dans le cadre du mandat de l’Administration transitoire des Nations Unies au Timor oriental (ATNUTO), dirigée par
Sergio Vieira de Mello. À la fin de la mission de l’ATNUTO en 2002, elle s’est inscrite au premier cours de formation des
magistrats et défenseurs publics.
Le Dr Jacinta espère, qu’à l’avenir, de nombreuses autres femmes prendront également
part activités du gouvernement de son pays. « Je puis dire que tout est possible, à condition que nous soyons disposées à
investir dans nous-mêmes. J’étais une petite campagnarde qui s’est battue pour que son rêve devienne réalité. Il m’a fallu
longtemps et les choses n’ont pas toujours été faciles, mais je suis fière d’en être arrivée là où je suis aujourd’hui »,
dit-elle en souriant.
Le Programme du système judiciaire (PSJ) du PNUD est un programme de renforcement des capacités
du secteur de la justice du Timor-Leste. Il œuvre en étroite coopération avec les institutions judiciaires timoraises pour
renforcer les compétences des ressortissants nationaux, tels que le Dr Jacinta, afin de les aider à s’acquitter de leurs fonctions.
Le PSJ a été lancé en 2003 et il a récemment fait l’objet de remaniements pour lui permettre d’étendre ses activités et de
les poursuivre jusqu’en 2013. Il bénéficie actuellement du soutien de l’Australie, du Brésil, de l’Espagne, de l’Irlande,
de la Norvège, du Portugal, de la Suède, du Haut-Commissariat aux droits de l’homme des Nations Unies (HCDH) et du Bureau
de la prévention des crises et du relèvement du PNUD.
Pour plus d'information sur le travail du PNUD au Timor-Leste,
voir www.tl.undp.org.
Pour en savoir plus sur le PNUD Crisis Prevention
and Recovery, go to www.undp.org/cpr.