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21 June 2010
Bangladesh: protéger la biodiversité pour réduire la pauvreté

La petite île de Saint-Martin, tout au sud du Bangladesh, abrite une riche mosaïque d’espèces vivantes. Sur terre, ses plages de sable fin offrent une aire de nidification vitale pour les tortues de mer, et les forêts qui bordent la côte abritent des myriades d’oiseaux différents. On trouve sous la surface de l’eau un écosystème riche en coraux et une vie marine qui font la réputation du Bangladesh, le pays de l’eau.

C’est cette abondance d’espèces qui fait vivre Saint-Martin.

L’île représente par bien des côtés un microcosme qui peut servir pour le Bangladesh : la pression extraordinaire qu’exerce la densité de la population sur les ressources naturelles est évidente à Saint-Martin, tout comme dans le reste du pays. C’est pourquoi le PNUD s’efforce d’aider l’île et le pays à élaborer des stratégies pour atténuer ou empêcher une réduction de la biodiversité.

À Saint-Martin et dans d’autres régions du Bangladesh, la biodiversité s’effrite avec la perte irréversible d’espèces, ce qui représente une vraie menace pour les systèmes vitaux dont dépendent tant de créatures, humaines et autres.

Les navires touristiques qui, chaque année, amènent des milliers de personnes impatientes d’explorer la remarquable beauté de l’île font aussi pression sur l’environnement à bien des égards. Même s’il est un des piliers économiques de Saint-Martin, le tourisme entraîne un accroissement de la population, du réseau routier et de la construction que ne peut absorber l’écosystème fragile de l’île.

Ainsi, la surpêche a grandement réduit les réserves halieutiques et les stocks de poissons ont du mal à se reconstituer, alors même que les pêcheurs voient augmenter la demande pour les produits de la mer. La pêche exerce aussi une pression sur les coraux et endommage souvent de façon irréversible les délicats récifs au fond de l’eau.

Il en est de même sur la terre ferme. Avec la demande accrue de terrains, les arbres et les habitats indispensables à la biodiversité disparaissent pour faire place à de nouvelles constructions et à l’extension urbaine.

À ces menaces s’ajoutent celles que font peser les changements climatiques. Le Bangladesh, que sa situation expose déjà aux catastrophes naturelles, risque de subir plus que d’autres les impacts du changement climatique, ce qui aggravera la réduction de la biodiversité, car les sources d’eau potable vont diminuer et les écosystèmes se modifier.

Pour trouver une solution, le PNUD aide la population et le gouvernement du Bangladesh à trouver un équilibre en matière de développement, afin de préserver la biodiversité tout en encourageant des changements positifs dans la vie des gens. Selon Mamunul H. Khan, de l’équipe du PNUD sur les changements climatiques, l’environnement et les catastrophes, la réduction de la pauvreté est un élément clé dans la lutte contre la dégradation environnementale.

Avec des stratégies comme la diversification des moyens de subsistance, les pouvoirs publics et le PNUD encouragent la population à adopter des pratiques fermières et agricoles qui ne nuisent pas à l’environnement et font un meilleur usage des ressources naturelles pour une conservation à long terme. Sans oublier que les stratégies en faveur d’un environnement durable, qui préservent et protègent la biodiversité, représentent également des outils indispensables pour lutter contre la pauvreté !

D’après M. Khan, la prochaine étape sera de lancer à l’échelon national des programmes de diversification éprouvés. Pour cela, il faudra acquérir une compréhension approfondie de l’écosystème, au travers d’études et d’enquêtes. Une fois qu’il en aura une connaissance étendue et nuancée, le PNUD collaborera avec le gouvernement du Bangladesh pour créer un plan national de mise en œuvre à long terme.

Avec des programmes de diversification probants, la population de Saint-Martin pourra continuer à vivre sur l’île en adoptant un mode de vie durable. Sans oublier que la biodiversité de cette île minuscule de la Baie du Bengale sera préservée pour les générations à venir.