Membres du Groupe des femmes parlementaires du Pakistan.
Parlementaires de sexe féminin
œuvrent de concert pour faire passer une législation sensible à la dimension de genre et amender les lois et pratiques discriminatoires.
Le Pakistan a un taux élevé de parlementaires de sexe féminin, comparé à d’autres pays d’Asie du Sud, les femmes
comptant pour 19 pour cent des représentants des Chambres basse et haute. Et pourtant, il est encore bien difficile pour les
Pakistanaises d’accéder à des postes de décision aux plans local, provincial ou national, et elles sont exclues de processus
politiques, sociaux et économiques cruciaux dans leur propre pays. Une telle sous-représentation a un impact direct – et négatif
– sur la santé et l’éducation des femmes à tous les niveaux.
Pour corriger cet état de fait, le PNUD a appuyé la
création, en 2006, du Groupe des femmes parlementaires. À l’heure actuelle, 93 parlementaires de sexe féminin, appartenant
aux cinq grands partis politiques du pays, œuvrent de concert pour faire passer une législation sensible à la dimension de
genre et amender les lois et pratiques discriminatoires. Les résultats sont impressionnants.
« Chaque fois que
des femmes voulaient évoquer des questions d’intérêt mutuel, les partis ou dirigeants de parti arrivaient toujours à imposer
leurs propres priorités politiques, lesquelles vont généralement à l’encontre de l’agenda plus large de l’égalité des sexes
», explique Nafisa Shah, Secrétaire générale du groupe parlementaire des femmes. Pour citer un exemple, le groupe a fait circuler
deux importants projets de loi dans les deux Chambres, l’un sur la violence domestique et l’autre sur le harcèlement sexuel.
Il débat à présent de la mise en œuvre de ces lois et élabore des mécanismes pour en garantir la bonne application. Ses avis
seront ensuite communiqués à la Conseillère du Premier ministre pour le développement des femmes, qui fait elle-même partie
du groupe.
« Un plafond de verre qui empêche les femmes de faire carrière en politique est en train de se craqueler,
même si c’est un éclat à la fois », se réjouit Toshihiro Tanaka, directeur de pays du PNUD au Pakistan.
Le PNUD
a aidé le groupe parlementaire à rédiger sa propre constitution, en faisant appel à son savoir-faire technique et à son réseau
de spécialistes de la gouvernance démocratique. Il a fourni aux membres des études comparatives sur les constitutions adoptées
par des groupes similaires au sein d’autres parlements nationaux et il a facilité le processus consultatif au sein du groupe.
Il a également établi un Secrétariat équipé au parlement, et c’est là que les parlementaires se réunissent, travaillent à
leurs propositions de loi et élaborent des initiatives de plaidoyer et de lobbying législatifs.
Le PNUD a également
aidé à la création d’un site web interactif où les membres du groupe parlementaire peuvent communiquer à leurs électeurs les
principaux développements relatifs à leur programme en plus des dimensions générales de genre qui se présentent au cours de
la vie parlementaires : http://www.wpcp.org.pk
Avec l’appui du PNUD, le groupe
est en train de formuler un plan stratégique détaillant ses priorités pour les quatre années à venir. Dans le cadre de ce
plan, le PNUD va faciliter l’extension du groupe parlementaire aux organes de gouvernement régionaux, avec l’appui de donateurs
comme USAID, UNIFEM et la Banque asiatique de développement.
En mai, ce nouveau programme multidonateurs a appuyé
la toute première convention nationale des femmes parlementaires, qui s’est penchée sur le rôle des femmes dans le domaine
de la paix, de la sécurité et de la résolution des conflits. Trois cent législatrices de tout le pays et de toute la région,
dont l’Inde, le Bangladesh, le Bhoutan, le Népal et l’Afghanistan, se sont réunies à Islamabad pour débattre de la promotion
d’un agenda législatif centré sur l’égalité des sexes et ont recommandé un plan d’action concret à présenter aux organes législatifs
régionaux.
« Cela fera date dans l’histoire, la façon dont ce projet mené par le PNUD a facilité la toute première
initiative du groupe parlementaire des femmes », se réjouit la présidente de l’Assemblée nationale Fahmida Mirza, première
femme à occuper ce poste au Pakistan. Il fera du chemin. »